Sénecte : pièces de theatre, sketchs, des histoires courtes et contes.
Sénecte : encore jeune auteur de Toulouse, né en 1978, mi 1978, après la finale de coupe du monde de football en Argentine !


L'auteur vit désormais à quelques kilomètres de Toulouse, à la campagne...
contact (aussi pour écriture à la demande mais surtout pour jouer ce qui est présenté !)

 le village de ma nouvelle vie
Il suffit de quelques acteurs pour permettre à un auteur de passer de l'anonymat à la reconnaissance au moins professionnelle...

Si ces textes le méritent, ils seront un jour connus... l'auteur vit dans une autre durée que son oeuvre...


sketch : Les chaussures trouées


Intermède philosophique

Stéphane, ses chaussures sont trouées. Les gens le regardent, comme on dit, « de travers ». Ils disent qu’à notre époque, il faut vraiment le vouloir, pour se promener avec des chaussures trouées. Alors qu’en promotions, elles sont parfois pour « trois fois rien ».
Sa chemise aussi à Stéphane, le plus souvent, elle a des trous. Je vous épargne les commentaires !
Moi qui le connais un peu, un jour je lui ai demandé s’il s’agissait d’un problème d’argent ou d’autre chose.
Alors il m’a parlé d’un philosophe chinois, né quatre siècles avant notre année zéro, un certain MONG-TSEU.
Bien avant notre Jean-Jacques Rousseau, le sage pensait que les hommes sont naturellement bons. Et de ce vénérable Mong-tseu, disciple de Confucius, quelques pages ont traversé les siècles. C’est là que figure une de ses réflexions :
Un jour j’étais triste de ne pas avoir de chaussures et j’ai rencontré quelqu’un qui n’avait pas de pieds, alors je me suis considéré bien content de mon sort.

Mais qui aujourd’hui peut comprendre que des chaussures trouées, c’est rendre hommage à Mong-tseu ?

- Tu en penses quoi, de l’attachement aux marques, du triomphe marketing ?
- Je m’en fous, je suis des marques à trous.



conte : Les noix



Aux dernières gelées de mai, Christopher avait tremblé d’inquiétude. Inquiétude justifiée par le souvenir de l’année précédente, où les mêmes dernières gelées de mai avaient emporté les minuscules noix qui déjà ornaient l’arbre.
L’arbre, monsieur l’arbre, comme on l’appelle parfois, le noyer, le noyer du quartier, véritable borne de limite entre le terrain des deux seules maisons de la ruelle justement baptisée « rue du noyer ».
Un noyer qu’en terme technique, Christopher a toujours entendu nommé « mitoyen ».
Un noyer que déjà le grand-père du père de Christopher prétendait centenaire.

Cette année, les gelées furent sûrement moins vivaces : elles n’ont pas « grillé », les noix.
Grillé est encore un terme à classer dans le vocabulaire « technique », employé quand les minuscules noix noircissent sous l’effet de la gelée, puis tombent. Et c’est alors une année sans noix, un septembre sans cette joie de retirer la petite peau sur les noix fraîches.

Juin, juillet, août : trois mois de bonheur. Trois mois où lever la tête vers les noix met l’eau à la bouche. Les noix, tout doucement, à leur rythme, grossissent.

Ainsi septembre débutait. Et bien avant qu’elles tombent naturellement, quel plaisir d’en abattre quelques-unes, avec une longue gaule, pour se régaler un peu plus tôt.
Quel plaisir de retirer l’écorce verte et ainsi s’imbiber les doigts du liquide brun. Quel plaisir d’ainsi conserver l’odeur sur des doigts que certains osent prétendre sales. Et grignoter, grignoter. Un plaisir que ne connaîtront jamais les enfants qui doivent se contenter des noix d’octobre, les noix séchées vendues en magasins.

Mais chaque matin, quelques noix manquaient sur l’arbre. Dizaines par dizaines elle disparaissaient. Certes, personne ne s’en serait aperçu, si par terre les coquilles vides ne s’étaient accumulées.
Le maraudeur venait toujours aux mêmes heures.

Le père de Christopher et le voisin en discutèrent un dimanche matin.
Le voisin a un fusil. Et s’en est servi.
Un mardi matin, il a crié du balcon : « j’ai sauvé la saison ».
Il avait tué l’écureuil.
Il y aura des noix. Mais de les manger, pas de joie.


Tragicomédie en trois actes : de la vocation des écrivains et chanteurs

Deux femmes, deux hommes... Le chanteur et l'écrivain, en échecs créatifs et professionnels, et leur chère compagne...

Décor : le salon ; correctement tenu et meublé ; porte d’entrée et porte vers la cuisine ; un canapé, des chaises.

Le chanteur
Catherine : sa compagne.
L’écrivain
Emilie : sa compagne.


Ont entre 25 et 30 ans à l’acte 1.



Acte 1






Le chanteur et l’écrivain, assis dans le canapé. Deux bières vides sur la table basse et deux seront finies durant l’acte. Conversation entre amis comme ils ont pu déjà en avoir des centaines.

Chanteur : - Regarde, Gouriot, il a passé des années dans les bistrots, il a écouté, il s’est contenté de faire le tri, de mettre en forme et ça c’est vendu comme des petits pains, ses brèves de comptoir. Si tu veux vraiment être reconnu, compter dans ce milieu, il faut que tu trouves un sujet en béton et le proposer à un bon éditeur qui te lancera du tonnerre.
L’écrivain, un temps puis en souriant : - Le plus difficile, tout le monde le sait, c’est le sujet. Mais toi, si tu veux vraiment être le chanteur top référence, il faut que tu trouves un créneau porteur, original. Souviens-toi de Cabrel arrivant à la télé en galoches, dans son costume de gascon attardé et devenant ainsi le nouveau petit prince du « nouveau romantisme ». Quand tu es connu, tu fais ce que tu veux mais avant faut bien leur donner ce qu’ils attendent.
Chanteur : - Vaudrait peut-être mieux changer de pays !
Ecrivain : - Si les belges et les suisses viennent en France, chez eux ça doit pas être plus facile.
Chanteur : - Le problème, c’est que maintenant si tu n’as pas des parents connus, il faut que tu en fasses dix fois plus que les autres pour être remarqué, dans ce pays.
Ecrivain : - On est dans le même bateau. C’est pareil dans la littérature.
Chanteur : - Et il est trop tard pour se mettre au chinois, sinon on pourrait peut-être devenir les premières stars françaises là-bas.
Ecrivain : - Je peux toujours chercher une traductrice...
Chanteur : - On ne s’en sortira jamais si tu racontes des conneries. Il faut être une star avant d’être traduit.
Ecrivain : - Tu l’as dit toi-même, il faut trouver un bon créneau, et ces choses-là, ça vient souvent en déconnant. Gouriot, tu crois pas que c’est durant un cours de philosophie qu’il a eu son idée géniale à la con !
Chanteur : - Tu as écrit quoi ce matin ?
Ecrivain : - Une nouvelle.
Chanteur : - Tu veux dire un roman, le début d’un petit roman dont tu sais déjà qu’après vingt pages tu vas l’abandonner, donc lui trouver une conclusion en queue de poisson.
Ecrivain : - Tu es gonflé parfois, toi qui ne dépasses jamais trois couplets un refrain.
Chanteur : - C’est la loi du genre.
Ecrivain : - Léo Ferré faisait parfois trois pages.
Chanteur : - Mais il est mort ! Plus de voix, Ferré ! Vive le chanteur du futur ! (il boit une gorgée de bière) Alors, ta nouvelle ?
Ecrivain : - Je crois que c’est la première d’une longue série. Publier un recueil de nouvelles, ça vous place un écrivain.
Chanteur : - Tu sais bien, ça ne se vend pas.
Ecrivain : - Le succès d’estime, quelques bons papiers, tu sais bien qu’à Brive j’ai enfin sympathisé avec notre grand chroniqueur des recueils de nouvelles. Le dossier de presse est souvent aussi important que le contenu.
Chanteur : - C’est sûr, quand on a une bonne entrée, il faut en profiter.
Ecrivain : - En plus, maintenant, avec tout le fric qu’il y a dans le cinéma, ils sont tous à la recherche d’idées. Il suffit d’un bon papier, je l’envoie aux réalisateurs et c’est le début d’une grande carrière. Je pourrais alors aussi placer des petits textes dans les magazines, tu sais que ça paye bien, ce truc.
Chanteur : - Alors, elle raconte quoi, ta nouvelle ?
Ecrivain : - L’histoire de docteur Joker mister Kanter.
Chanteur : - Un remake de docteur Jekyll mister Hyde.
Ecrivain : - On ne peut rien te cacher !
Chanteur : - Joker, le jus de fruit et Kanter la bière.
Ecrivain : - Bien !
Chanteur : - Vaste programme... Un mec au jus de fruit devant sa famille, à la Kanter quand il s’échappe...
Ecrivain : - Comment tu as deviné ?
Chanteur : - Tu ne te souviens plus, sûrement, un soir au bistrot, en (souriant) « tournée », quand j’avais signé un contrat avec les MJC de Lille, Roubaix, Dunkerque, Douai, Arras et que tu m’avais accompagné comme « manager », tu m’as balancé : « t’es vraiment docteur Joker mister Kanter. »
Ecrivain : - Alors... Alors tu crois que j’écris parfois ce que j’ai raconté bourré !
Chanteur : - Tu serais pas le premier.
Ecrivain : - Faut quand même faire gaffe ! On pourrait me chiper mes bonnes idées.

Entrée, sans frapper, de la compagne de l’écrivain, Emilie. Enthousiaste (on sent qu’elle se force un peu). Elle accroche sa veste à un portemanteau.

suite

A découvrir :

- Le temps des poissons a existé (un conte d'après la pollusion des eaux... qu'il serait temps de découvrir !)


liens littéraires divers



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